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Amadou Sanogo. Les points de l'individu

Amadou Sanogo

Amadou Sanogo. Les points de l'individu
Exposition individuelle d'Amadou Sanogo
En partenariat avec la galerie Voice
Marrakech, Maroc
27 février- 12 avril 2017


Amadou Sanogo est né en 1977 à Ségou au Mali. Il fait ses études à l’Institut National des Arts Plastiques de Bamako. Pendant ses études, il est rapidement repéré par le directeur, l’artiste malien Abdoulaye Konaté. Diplômé en 2003, après avoir utilisé des matériaux très variés, il se consacre principalement à la peinture. Il privilégie comme support les textiles qu’il peut facilement trouver dans son environnement et travaille la toile, la peinture régulièrement avec ses mains, comme s’il travaillait la terre, l’argile.

Amadou Sanogo est en quête permanente d’identité, en tant qu’être humain, malien, africain, mais aussi comme artiste. Comment réussir à s’imposer en tant qu’artiste dans un pays où l’on se questionne sur la valeur de l’art alors même qu’il est difficile de pourvoir manger à sa faim ? A cette question l’artiste répond intelligemment ‘que toute la nourriture ne passe pas par la bouche’.
Cette prise de position dans un pays en difficulté marque l’engagement de l’artiste tant politiquement, qu’économiquement, ou encore socialement. Cette volonté se traduit à la fois à travers sa peinture et les projets auxquels il participe.

Amadou Sanogo parle de lui même, tout en utilisant un langage et des questions universels. Quels sont les rapports des hommes entre eux et avec eux-mêmes ? Ses peintures amènent le regardeur à s’interroger lui-même sur ces questionnements ? Sans forcément apporter de réponse, il crée un environnement propre à l’introspection. Il défend ainsi une identité en dehors des codes prédéfinis attribués aux artistes africains en général, le but étant alors de s’affranchir des idées préconçues pour définir une nouvelle réalité libérée d’une certaine tradition ethnographique européenne. Ses travaux sont d’abord réalisés sur toile libre avant d’être montés sur châssis, l’artiste crée alors en dehors de tout cadre physique et métaphorique.

L’artiste invente son propre langage visuel et plastique, influencé par différents aspects de la culture environnante, comme celle des proverbes Bamara, en laissant ces hommes, parfois sans tête jouer avec leur corps.
Paradoxalement, le spectateur est alors en proie, au contraire de ces figures, ces pantins sans tête, sans esprit et sans réflexion, à évoluer et à chercher des solutions pour remédier à l’absence de vision future imposée aujourd’hui par les leadeurs internationaux.
Il invite les personnes qui énoncent des ‘vérités’ sans se renseigner et en dehors de tout contexte à se retrouver dans l’art, car comme il l’explique : ‘Il ne faut pas oublier que l’art ne peut exister sans recherche et questionnement !’. L’art devient alors un moyen de s’identifier dans un monde en perpétuel changement.

En constante évolution et recherche de son propre langage pictural, Amadou Sanogo réalise des formes à l’apparence simplifiée, presque naïve, traduisant un effet à la fois caricatural et enfantin. On se trouve alors dans une peinture figurative aux limites de l’abstraction. Les figures sont ainsi réduites à ces ‘formes’ qui n’en perdent pas moins leur sens. Soulignées par de grands aplats de couleurs, l’artiste revient ici à l’essentiel. Il utilise les couleurs qui s’imposent à lui dans un processus de création et de destruction pour créer grâce à cette planéité tout un champ des possibles : de cette façon, les codes sont transformés pour construire un ‘imaginaire de la tradition’ à l’aide d’un présent permettant de façonner le passé, il se dégage ainsi des standards pour créer une subjectivité symbolique.

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