Né à Kinshasa, République Démocratique du Congo, en 1992,

Vit et travaille à Kinshasa.

 

Le goût d'être artiste nait dès l'enfance chez Hilary Balu. Il recopie les images de cinéma, les bandes annonces, les affiches, ainsi que les dessins de son père qui occupait son temps libre en reproduisant les objets de la maison. Avec l'aide de ses oncles et ses tantes, il obtient de son père de suivre une formation artistique. Il étudie à l'Académie des Beaux-Arts de Kinshasa. Alors jeune diplômé, au détour d'une conversation durant un vernissage de l'artiste Vitshois Mwilambwe Bondo à Kinshasa, Hilary Balu voit ses convictions académiques bousculées. Il s'émancipe des codes occidentales et des techniques apprises à l'école, et recherche une esthétique à laquelle il peut s'identifier en tant que congolais mais aussi africain.

 

Les peintures d'Hilary Balu dévoilent une société africaine transformée par la mondialisation et la société de consommation. La « mutation brutale » qu'a connue la République Démocratique du Congo dans son identité culturelle, politique, économique et spirituelle est représentée à travers une symbolique de l'objet. L'artiste érige l'objet en mémoire collective. Ainsi le leitmotiv du Nkisi Mangaaka, sculpture divinatoire ancestrale, revient dans ses travaux en contraste des nouveaux symboles du capitalisme. Entre les sacs touristiques et les tongs, la statuette traditionnelle rappelle aussi les déséquilibres de la RDC dans ses relations à l'internationale. L'expérience de la peau noire est relatée par la technique du grattage sur acrylique, technique que l'artiste utilise depuis qu’il est étudiant. Il s'agit par là d'exprimer sa détérioration avec le temps qui passe, en référence au poète Léopold Sedar Senghort selon qui « Fuma diar kouffa diar takeu bane », soit en français : « Là où je suis passé, celui qui passe sera forcément recouvert de terre ». 

Dans la série Voyage vers Mars Hilary Balu met en scène de façon métaphorique la migration contemporaine d'une population. Véritable fuite vers un autre continent comme une autre planète, des cosmonautes, allégorie du migrant, quittent une terre devenue invivable, en proie à la guerre ou aux difficultés économiques. Ironiquement, ces voyageurs forcés ont pour bagage des sacs touristiques affichant les décors des capitales mondiales.

Dans sa dernière série, In the floods of illusions, l'artiste approfondit le thème du déplacement en cherchant cette fois-ci du côté des eaux. La mer, l'océan, les ports sont autant de promesses fait au voyageur qui pourraient se révéler des illusions : « Le monde occidental est une utopie transmise en Afrique par les écrans. L’attirance est si forte qu’elle pousse certains à traverser la mer méditerranée ou le désert libyen pour la vivre plutôt que de changer leur réalité. Mais cette utopie se révèle bien souvent une dystopie mortelle. L’afrodystopie, c’est ça : le rêve immobile qui se termine en cauchemar réel. » Citant Joseph Tronda, l'artiste questionne les liens entre l'histoire des déplacements de l'homme noir et la force destructrice qui pousse une certaine jeunesse africaine à se lancer dans les flots meurtriers des mers et océans, jeunesse conduite par la conviction que le meilleur se trouve ailleurs. Mêlant histoire de l'Afrique et questions actuelles, Hilary Balu compose avec élégance des peintures emprunts de réalisme et de poésie.