Né en 1981 à Kinshasa, République Démocratique du Congo
Vit et travaille à Kinshasa


Steve Bandoma entre à l'Ecole des Beaux-arts de Kinshasa dont il est diplômé en 2004. Durant ses études, il considère que les créations académiques ne produisent rien d’innovant et se rebelle contre les méthodes d’enseignement trop éloigné de l’art populaire contemporain qui prenait tout son essor en dehors de l’école. Il fait parti du groupe Librisme synergie, branche du mouvement de l’art contemporain kinois du Librisme qui refuse l’enfermement théorique du naturalisme et de l’art négro-africain.
En 2005, il se rend en Afrique du sud où il suit les classes de Kevin McCauley, qu’il considère comme un mentor. Il observe notamment le travail de Jeff Koons, et admire l’innovation des avant-gardes américaines : « J’ai passé presque un an à chercher les bons contacts dans les cercles artistiques,  d'abord à Johannesburg puis au Cap. L'Afrique du Sud était exactement là où je voulais être. Chaque heure, minute, seconde passée ici m'inspirait encore plus à devenir artiste ». Pourtant, Steve Bandoma fait preuve de détermination et, au Cape 07/X-Cape festival, l’opportunité se présente. Il ne retourne à Kinshasa qu’en 2010 : « La culture est une dynamique. L’art est une dynamique. Les hommes et les artistes sont une dynamique. La création est un processus » ?

L’artiste s'exprime à travers différentes techniques, parmi lesquelles, la sculpture, la peinture le dessin et le collage. Il produit ses collages à partir d’images de magazine qu'il réutilise en leur donnant un nouveau sens et, comme il le dit, « une nouvelle vie ». Le mélange de techniques apporte une dynamique, une esthétique inspirée par l'agitation de Kinshasa et reflétant une société africaine en constante évolution. Grâce à l’association du dessin, d'éclaboussures de couleurs et de collages, Bandoma reflète l’implosion, entre chaos et humour, sur fond de désarroi politique. Des visages, des membres, des fragments de corps, des statuettes animées, des fétiches donnent vie à des créations apparemment débridées et décousues, mais en réalité réfléchies et soigneusement composées. Ses œuvres sont réunies en séries formulant un commentaire sur la politique, la culture et l'actualité.
Que ce soit par ses séries « Black code », « Kitsch » ou « Ghost », Steve Bandoma travaille à la rédaction d’un nouveau code noir, d’une réappropriation de l’histoire africaine. Jouant sur les tonalités du désamour, de l’amour, de l’humour, l’artiste expose un monde appesanti par des politiques qui gangrènent la morale, le mental et les esprits. La série « Surrounders » en particulier, témoigne d’un horizon optimiste et positif, une volonté de changer et de rediriger les choses.