Frédéric Bruly Bouabré

Frédéric Bruly Bouabré

Né vers 1923 à Zéprégühé, République de Côte d'Ivoire.

Décédé en 2014 à Abidjan, République de Côte d'Ivoire, où il vivait et travaillait.

 

Le résumé biographique par Frédéric Bruly Bouabré, datant du 2 novembre 1988 :

 « Oui, je m’appelle Bruly Bouabré Frédéric. Je suis né vers 1923, à Zépréguhé, dans la sous préfecture de Daloa, République de Côte-d’Ivoire. Etant un nègre d’aspect violâtre, je me crois être désormais de la « race violette » mal connue et confondue à la « race typiquement noire ». Car pour moi, les « 7 couleurs d’arc-en-ciel » influencent toute la teneur de la grande-humanité.

«  Le divin destin m’a intégré dans la civilisation française. A partir de 8 ans d’âge, j’ai fréquenté l’école française, pendant 10 ans : « du 1e octobre 1931 jusqu’au mois de septembre 1940 ». Et mon cycle scolaire s’en trouva terminé à l’école primaire supérieure de Bingerville. Etant donc d’éducation primaire, je sais que mes « bases culturelles » ne sont pas solides. Mais l’amour de la «  très française culture » qui m’animait lors de ma brutale sortie de l’école française m’a conseillé de fréquenter à jamais la très apothéose école française de vie que je ne saurais quitter qu’après ma mort. Et si présentement, mon âme : mon esprit : mon étoile, dirai-je, dégage une très infime lueur assez perceptible dans notre présent univers si brumeux, je reconnais sincèrement devoir cette heureuse et curieuse lueur à cette école de vie.

«  Pendant la deuxième guerre mondiale, j’ai fait fonction de matelot dans la marine nationale française en A.O.F, et cela durant 5 ans (1941-1945). A la fin de la guerre, entré en vie civile, j’ai servi pendant 3 mois, en qualité de commis aux écritures, au chemin-de-fer, Dakar-Niger, à Rufisque, Sénégal. Ayant quitté le service de cheminot en décembre 1945, en janvier 1946, je fus embauché en qualité de commis dans le service de « l’identité judiciaire de la ‘sureté générale en A.O.F’ », à Dakar. De là, je fus affecté, en 1958,  à la direction de la sûreté de la police de Côte d’Ivoire. Ce service s’étant déclaré être en dépassement du grand nombre de son personnel exigé, me remit à la fonction publique de cette République alors autonome. Le ministère de la fonction publique m’en affecta au ministère de l’intérieur, à la direction des affaires politiques à Abidjan.

«  La direction de l’institut français d’Afrique noire (IFAN) ayant découvert que je suis l’inventeur d’un alphabet africain sollicita au ministère de l’intérieur ma mutation à l’IFAN, Abidjan, en 1958. Et je restai au service de l’IFAN jusqu’en 1973. La direction de la faculté des Lettres de l’université nationale de la République de Côte d’Ivoire ayant approuvé la nature scientifique et le sens classique de mes manuscrits dont elle entra en possession, sollicita, à son tour, ma mutation à l’université : service de l’institut d’ethnosociologie, en 1973. C’est ce service qui assista à mon départ à la retraite, en 1981. Ma grande joie de ma vie se trouve dans le « grand nombre de mes enfants : ils sont 15 ivoiriens ajoutés à la grandeur démographique de ma très chère patrie !! 

Signé

Frédéric Bruly Bouabré »

 

L'origine de toute l'œuvre de Bruly Bouabré est liée à un fait de sa propre existence: le 11 mars 1948, lorsque « le ciel s'ouvrit devant mes yeux et que 7 soleils colorés décrivirent un cercle de beauté autour de leur Mère-Soleil, je devins Cheik Nadro : celui qui n'oublie pas ». A partir de cette date, il consigne ses recherches dans des manuscrits qui portent sur tous les champs du savoir, révélant ainsi une étonnante figure de penseur, de poète, d'encyclopédiste, de créateur. Cherchant le moyen de transmettre le savoir de son peuple Bété et ceux du monde entier, il invente un alphabet unique, un inventaire des sons qui permettrait de retranscrire toutes les langues du monde. Cette invention lui vaut la réputation légendaire de nouveau « Champollion » et traduit la pensée universelle de Frédéric Bruly Bouabré qui, depuis sa vision, a la mission de réunir et pacifier l'humanité. Dans les années 70, il commence à « relever » tout ce qui vient à lui, ce qu'il observe, ses songes, ses révélations... Cette œuvre, riche aujourd'hui de plusieurs milliers de dessins réunie sous le titre « Connaissance du Monde » est une sorte d'encyclopédie des savoirs du monde.

Collections
Contemporary African Art Collection - Jean PIGOZZI Collection, Genève, Suisse
Musée National d'Abidjan, Abidjan, Côte d'Ivoire
Musée National d'Art Moderne, Centre Georges Pompidou, Paris, France
Fond de dotation, Collection Agnès b, Paris, France
Fondation François Pinault, Palazzo Grassi, Venise, Italie
MNAM, Centre Georges Pompidou en dépôt au Musée des Arts d'Afrique et d'Océanie, Paris, France
Groninger Museum, Groningen, Pays-Bas
Centro de Arte Contemporaneo, Mexico, Mexique
Galerie Tanya RUMPFF, Haarlem, Pays-Bas
Tate Modern, Londres, Grande-Bretagne
Musée d’Art Brut, Lausanne, Suisse
LAC Lambert Art Collection, Genève, Suisse
Collection Madame et Monsieur David-Weill, Paris, France
Collection Gervane et Matthias Leridon, Paris, France
FRAC Corse, France