Né en 1956 à Kinto M'Vuila, République Démocratique du Congo.

Vit et travaille à Kinshasa, République Démocratique du Congo.


À l’école, Chéri Samba dessine dans ses cahiers d’écolier et imite les bandes dessinées humoristiques de la revue Jeunes pour Jeunes. Conscient du succès de ses dessins, au lieu de suivre le métier de son père forgeron, il quitte l’école et rejoint Kinshasa en 1972. Il connaît d’abord des difficultés à trouver un travail, épisode de sa vie qui lui inspire le tableau L’espoir fait vivre (1989). Il trouve finalement un emploi chez Mbuta-Masunda, peintre d’enseigne publicitaire, qui l’engage à condition de réussir deux tests : reproduire la photographie d’un vieux papa au crayon, et un travail calligraphique en lettres « gothiques ». N’ayant jamais entendu ce mot-ci, il dessine des lettres de son invention qui plaisent beaucoup et lui assurent cet emploi. Il travaille ensuite pour le journal de divertissement Bilenge Info aux aventures de Lolo m’a déçu, l’histoire d’un homme marié et de sa jeune maîtresse qui le rend déjà populaire lorsque le 10 octobre 1975, il s’installe au 89, à l’angle des avenues Kasa-Vubu et Birmanie, dans la zone Ngiri-Ngiri : « Ma vie et mon œuvre sont tout un ensemble. Il y avait une joyeuse compétition entre les artistes et pour me différencier, j’ai créé la « griffe sambaïenne ». J’avais mon look, mes publicités, mes banderoles devant l’atelier, lettres à en-tête et cartes de visite avec photo, mon cachet Chéri Samba… Je voulais faire une communication maximale. On n’est jamais mieux servi que par soi même ! »

 

Ses tableaux sont toujours peints dans une palette chromatique riche, vive, contrastée et le plus souvent pailletée comme pour en dédramatiser le sujet. Quel que soit son message, Chéri Samba veut faire entrer sans appréhension les spectateurs dans ses tableaux : « Lorsque j’entreprends un tableau, je définis le sujet, l’idée, le message, le titre même. L’image est clairement dans ma tête, même les couleurs… Je dessine précisément le sujet au crayon jusque dans les détails, directement sur la toile, sans croquis préalable. Je m’autorise jusqu’à trois versions du même tableau, mais légèrement différentes. »

En 1975, il fait son premier autoportrait, et dès 1985, il décide de se faire sujet régulier de ses tableaux afin qu’on reconnaisse aussi bien son nom que son visage : « que les sujets de mes tableaux me concernent directement ou non, je préfère de toute façon me représenter. Puisque c’est moi qui peint, ce sont mes idées, je décide du sujet, je décide des commentaires… pourquoi donc mettre le visage de quelqu’un d’autre plutôt que le mien ? ». Ayant remarqué que les spectateurs passent devant les tableaux en ne regardant que d’un clin d’œil, Chéri Samba met également des textes, ou commentaires, au sein de ses toiles. L’écriture attire ainsi l’attention et permet de mieux admirer et pénétrer l’œuvre. L’artiste qualifie ce style de « griffe sambaïenne ». Pour lui l'art n'a pas de frontière. Les thèmes qu’il aborde sont universaux : il met en scène les faits d’actualité, les mœurs, la sexualité, la maladie, les inégalités sociales, la corruption, etc.

 

Collections
Musée National d'Art Moderne - Centre Pompidou, Paris,  France
Museum of Modern Art, MoMa, New York, USA
Seattle Art Museum, Seatlle, USA
Musée royal d'Afrique centrale, Tervuren, Belgique 
Smithsonian Institute, National Museum of African Art, Washington, USA

Collection LVMH, Paris, France
Fondation Cartier pour l'art contemporain, Paris, France 
CAAC - The Pigozzi Collection, Genève, Suisse
Collection Sindika Dokolo, Luanda, Angola
Collection Fondation Alliances, Casablanca, Maroc
Zeitz Mocaa, Cape Town, Afrique du sud
Fonds de dotation agnès.b, Paris, France
Collection agnès.b, Paris, France
Collection Lilian Thuram, Paris, France
Collection Farida et Henri Seydoux, Paris, France
Collection Gervanne et Matthias Leridon, Paris, France